Dans une culture professionnelle souvent marquée par l’hyper-disponibilité, le Japon a développé un concept étonnant : Inemuri. À mi-chemin entre repos et présence, cette forme de sieste discrète est une stratégie intelligente pour récupérer sans culpabiliser.
Qu’est-ce que l’Inemuri ?
Le mot « Inemuri » (居眠り) signifie littéralement “être présent tout en dormant”. Il ne s’agit pas d’une sieste isolée dans une salle obscure, mais plutôt d’un assoupissement furtif, souvent en position assise, dans un lieu public ou professionnel.
Exemples typiques :
- Dans les transports en commun
- À son bureau
- En réunion (eh oui… tant que c’est discret !)
- Un afterwork (ça reste entre nous !)
Une sieste valorisée, pas jugée
Contrairement à l’Occident où dormir au travail peut être mal vu, au Japon, Inemuri est perçu comme un signe de dévouement : si vous vous endormez brièvement au bureau, c’est que vous travaillez dur. Ce n’est pas un manque de motivation, mais un symbole d’investissement professionnel.
Micro-sieste ≠ paresse
Durée : quelques minutes suffisent (entre 5 et 20 min).
Effet : recharge cognitive, regain d’attention, réduction du stress.
Forme : souvent sans coussin ni confort ; l’essentiel, c’est de rester “présent” tout en déconnectant quelques instants.
Pourquoi c’est utile pour nous aussi ?
L’Inemuri peut inspirer de nouvelles pratiques dans nos environnements de travail.
Il légitime l’idée que la productivité ne passe pas uniquement par le “faire”, mais aussi par la récupération intelligente.
Il nous pousse à écouter notre corps sans tomber dans l’excès ni la culpabilité.
À tester :
Une micro-sieste sur votre chaise après le déjeuner.
Quelques minutes les yeux fermés dans les transports.
Des pauses “Inemuri” intégrées à votre routine quotidienne, en gardant un minimum de conscience de l’environnement.
Conclusion :
Inemuri n’est pas une sieste pour fuir, mais une pause pour revenir plus fort. En l’adoptant à l’occidentale, on pourrait enfin réconcilier performance et bien-être au bureau.